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Italie

Frayeur en Calabre, entre incendie et tempête

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Harassés par la route et le mauvais temps, nous arrivions à la Marina di Zambrone comme si nous avions trouvé le jardin d’éden. En effet, la veille notre campement avait été mis à rude épreuve par un orage à Pompéi. Nous avions donc décidé de foncer vers le sud de l’Italie où le temps semblait plus clément. Sur place, nous avons cru trouver l’endroit idéal pour un repos paisible. Malheureusement, le pire était à venir. Nous avons frôlé le drame. Le voyage en Calabre nous a réservé bien des surprises. Découvrez ici notre aventure dans cette étonnante région d’Italie. 

De Naples à Marina di Zambrone en passant par Amalfi 

Suite à un orage, une fois remballé le matériel, nous avons quitté la Campanie (région de Naples). Si le paysage est agréable à observer, la route pour la Calabre est longue. A fortiori quand on est limité à 80 kilomètres heures. Et oui, notre tente de toit nous force à réduire l’allure. Remarque, elle nous évite aussi des tickets de péage copieux. Pour pimenter la chose, nous sommes passés par le village d’Amalfi pour rejoindre Salerne avant de bifurquer vers la Calabre. Ainsi nous avons eu le loisir de parcourir la partie est de la fameuse Côte Amalfitaine. Cette splendide route classée au patrimoine mondial de l’Unesco vaut le détour. Par chance, des éclaircies tombant à point nommé, nous ont permis d’apprécier ces merveilleux paysages. 

Cette région nous a rappelé notre visite des Cinque Terre mais dans un cadre plus artistique et un peu moins nature. À noter que cet itinéraire est déconseillé si vous avez un véhicule XXL car les routes sont particulièrement serrées ! 

Bref, une fois rejoint Salerne, on rattrape la 4 voies qui plonge jusqu’à la pointe sud de la Calabre sur près de 500 kilomètres. D’ailleurs, pensez à faire le plein au préalable. Car à partir du moment où vous rejoignez la E45, chaque station service défie la précédente en termes de flambée des prix. 

Un petit coin de paradis en Calabre, mirage ou réalité ? 

Après 5 heures de route, nous trouvons finalement un petit camping à Marina di Zambrone. Dans les environs de Tropea. L’endroit est splendide. Les dizaines d’emplacements sont blottis contre la plage. La mer est un peu agitée mais la belle étendue de sable, où quelques campeurs prennent l’apéritif en attendant le coucher du soleil, nous fait miroiter des jours de détente bien mérités dans ce lieu paradisiaque. Cependant, une fumée s’échappe de la colline voisine à un petit kilomètre d’ici. Intrigués, on demande à la dame de l’accueil ce qu’il en est. Elle nous rassure en nous disant que c’est tout à fait normal et qu’il n’y a pas matière à s’inquiéter. On retourne donc voir notre chère Clio 3 et on commence à installer le campement du soir. On commence à se projeter et on se dit qu’on resterait bien 3 ou 4 nuits étant donné la beauté des lieux.

Une ombre au tableau  en Calabre

Au fur et à mesure que le temps passe, le feu ne cesse de prendre de l’ampleur. On discute un peu avec les autres campeurs qui nous informent qu’il y a déjà eu des feux dans les environs durant les jours précédents. Selon l’un d’eux, un Suisse sympathique qui a l’air de s’y connaître, il s’agirait d’une technique qu’utilisent les agriculteurs. C’est triste mais, comme au Brésil, ils utilisent le feu pour raser la forêt de manière gratuite et rapide afin de pouvoir replanter sur une terre plus fertile par la suite. Ah d’accord… 

On se dit que la région doit vraiment être très pauvre en comparaison au reste du pays. En effet, après avoir lu un peu à ce sujet, il semble que la Calabre est au moins aussi touchée par la pauvreté et par la mafia que la Sicile voisine. Elle bat le record du taux de chômage des 16-25 ans en Italie : 60 % ! Bref, on s’efforce de ne pas s’inquiéter tout en guettant l’étendue du feu de temps en temps. On espère seulement que cet incendie n’est pas un règlement de compte entre voisins…

L’heure des décisions 

Malheureusement, plus la nuit s’installe, plus les flammes se rapprochent et plus le feu se transforme en véritable brasier. Là, on décide d’arrêter de rester sans rien faire et on se prépare psychologiquement à lever le camp. On essaie de s’approcher un peu pour prendre la mesure de l’incendie et on retrouve de nombreux campeurs, inquiets, qui se posent également des questions. Ceux qui une heure plutôt se voulaient rassurants ne sont plus si sûrs d’eux. Ils reconnaissent que bien qu’ils aient vu régulièrement des feux aux alentours, ils n’en ont jamais vu d’aussi impressionnants. 

On décide alors d’appeler la gérante qui tente de nous rassurer et nous explique que c’est souvent comme ça après l’été (nous sommes fin septembre). Voyant que la colline est habitée, je lui demande si des maisons risquent de prendre feu. L’absence de réponse ne nous rassure pas et l’exploitante ne semble pas comprendre la question. On lui demande d’ouvrir le portail qui donne sur la plage. Ainsi, si le feu devait arriver jusqu’au camping, nous pourrions mettre nos véhicules à l’abri entre la mer et le sable. Elle retrouve la clé et ouvre.

Là, nous avons le sentiment d’avoir eu raison de nous préparer à toutes les éventualités. Alors que nous allons nous coucher, une légère bruine achève de nous apaiser. Nous sombrons facilement dans le sommeil. Nous comprenons aussi pourquoi les agriculteurs ont choisi cette soirée pour mettre le feu. Pas besoin de pompiers avec la pluie annoncée. 

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Une nuit agitée par la tempête 

Il pleut averse et le vent fait trembler la tente de toit. La tempête déchaîne les vagues et leur fracas est tonitruant. Nous alternons, entre sommeil et réveil. CRACK ! Soudainement, par-dessus le bruit des éléments en furie, un grand craquement se fait entendre. 

Quelque chose est tombé. Et vu l’ampleur du son, ça ne devait pas être loin. On sort doucement la tête de la tente et on voit du monde s’affairer autour de nous. Quand on pose le pied par terre, on comprend vite pourquoi tout le quartier est ameuté. Un des poteaux en bois s’est effondré ! Son sommet est à à peine un mètre de la Clio. On a eu chaud, un peu plus et on finissait écrasés en sandwich dans notre tente, en plein sommeil. 

Se mettre en lieu sûr 

Tout autour, plusieurs poteaux semblent branlants. Ils ressemblent à des poteaux électriques en bois et servent normalement à élever de grandes toiles pour faire de l’ombre aux emplacements. Problème, lorsqu’un cède, il tire dans sa chute les autres poteaux encordés comme des dominos sur des dizaines de mètres. Pire, les poteaux ont davantage de chance de tomber vers le milieu des emplacements carrés.  

Nous observons le camping sous un nouvel œil, à la recherche d’un lieu sûr. Nous renonçons à tous les emplacements avec voile d’ombrage. Côté plage, les toiles censées protéger du soleil se déchirent les unes après les autres. Avec plusieurs de nos compagnons d’infortune, nous migrons au fond du camping. On ne voit plus qu’à quelques mètres de nous tant la tempête est forte. Puis, nous trouvons un endroit protégé du vent, des éventuelles chutes d’arbres et des constructions rudimentaires qui pourraient céder à leur tour. 

Une fois déplacés tout notre matériel ainsi que notre véhicule, après avoir remercié nos voisins une dernière fois, nous nous recouchons. Nous nous endormons dans les bras l’un de l’autre, se sentant heureux et chanceux d’être en vie.

Cap sur la Sicile, direction le farniente

Le lendemain matin, alors que tous les voyageurs plient bagages suite aux intempéries de la veille, nous prenons également la route. Nous laissons derrière nous cet endroit où nous avons vécu des ascenseurs émotionnels. D’ailleurs ces “épreuves” nous ont permis de nous rapprocher d’autres campeurs. Suisses, Autrichiens, Allemands, Italiens. C’est super de voir que face à l’adversité, les humains ont ce réflexe de solidarité les uns envers les autres. En plus d’un mois de camping, c’est la première fois que nous connaissons presque tous les autres campeurs alors que nous ne sommes restés qu’une nuit. Cet épisode restera donc un bon souvenir pour nous. Après avoir vu que la météo était mauvaise pour toute la semaine, nous avons décidé de quitter la Calabre pour nous rendre en Sicile. Le temps s’y annonce plus clément et il y a 1000 choses à découvrir.

Pour votre séjour en Calabre

Si à votre tour vous vous rendez en Calabre, ne soyez donc pas surpris si vous rencontrez d’ immenses incendies en septembre/octobre. Ne faites pas comme nous et regardez la météo si tel est le cas. Restez tout de même sur vos gardes si celui-ci devient trop imposant. Enfin, de manière générale, faites toujours très attention à l’endroit où vous installez votre campement. Si les arbres ou les installations à proximité immédiates vous semblent fragiles, préférez un autre lieu quitte à être un peu plus loin de la mer ou des sanitaires.

Vous avez l’intention de voyager en Italie ? Nos articles sur Romela Toscane, les Cinque Terre, Pompéi ou Milan pourraient vous être utiles 🙂 Léo et Julie

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